Danny Weber
09:58 14-11-2025
© A. Krivonosov
Analyse des smartphones Xiaomi: atouts, pubs HyperOS, bloatware, gammes confuses, ventes flash et partenariat Leica. Nos conseils pour choisir en confiance.
Au fil des années, Xiaomi s’est forgé une vaste base de fans en combinant matériel solide, technologies avancées et tarifs qui restent à portée. Ses smartphones figurent souvent parmi les meilleures affaires de leur catégorie, tout en s’accompagnant de quelques particularités qui divisent. Beaucoup d’utilisateurs admettent que l’excellent rapport qualité‑prix va de pair avec des habitudes de marque capables de mettre à l’épreuve même les plus fidèles.
Parmi les sujets qui reviennent le plus, la présence de publicités intégrées à HyperOS. Elles apparaissent dans des applications système et jusque dans les réglages, grignotant le sentiment de maîtrise et d’intimité. Officiellement, ces insertions permettent de maintenir des prix bas; dans les faits, nombre d’utilisateurs ont l’impression que leur téléphone se transforme en partie en espace publicitaire. L’option pour désactiver ces bannières existe, mais elle se cache au fond des menus, ce qui donne le sentiment d’un frein voulu et souligne la frontière ténue entre accessibilité et concessions moins visibles.
Presque chaque nouveau smartphone Xiaomi arrive avec une pile de logiciels préchargés. L’enthousiasme des premières minutes peut retomber quand l’écran d’accueil s’affiche déjà rempli de jeux, de services partenaires et de « recommandations » système. Même après avoir fait le tri, certaines applications peuvent réapparaître discrètement après une mise à jour. Pour Xiaomi, c’est une manière de réduire les coûts; pour les utilisateurs, cela ressemble souvent à une intrusion dans l’espace personnel. La communauté d’enthousiastes réagit en créant des outils pour retirer ces ajouts en sécurité, preuve de la résilience et de l’ingéniosité d’un public fidèle.
La gamme Xiaomi prête depuis longtemps à sourire. Même des testeurs aguerris soupirent en expliquant les différences entre Redmi Note, la série T de Xiaomi et POCO. Cette stratégie sème la confusion, tout en permettant à la marque de commercialiser pour l’essentiel le même téléphone sous des noms différents selon les marchés. Pour la plupart des acheteurs, cela devient un casse‑tête: un appareil vendu sous un label en Chine peut apparaître en Europe sous un tout autre nom. Par moments, jusque dans les boutiques, le personnel peine à décoder rapidement ce que cache vraiment un nouvel indice.
En s’ouvrant aux marchés mondiaux, Xiaomi a beaucoup misé sur des promotions limitées dans le temps pour créer un sentiment de rareté. La recette a d’abord brillamment fonctionné, avant que la réputation n’en prenne un coup. Un épisode marquant a eu lieu au Royaume‑Uni, avec une vente très médiatisée à 1 £ qui ne proposait qu’une poignée de téléphones. Pour les acheteurs, l’affaire est devenue le symbole d’une demande artificiellement attisée. Depuis, la marque recourt à ce type de coups d’éclat avec plus de parcimonie, mais le souvenir reste accroché à son image.
Le partenariat entre Xiaomi et Leica a constitué une ambition claire: élever la photo mobile et donner une vraie patte aux modèles phares. Les images ont gagné en expression et en style, mais les discussions sur l’apport réel de Leica n’ont pas disparu. Les sceptiques soulignent l’ironie de voir l’application LUX de Leica réservée aux utilisateurs d’iPhone, un contraste difficile à ignorer. Malgré tout, la collaboration montre la volonté de Xiaomi de dépasser l’étiquette « petit budget ».
Xiaomi demeure une marque passée maître dans l’art de concilier prix accessibles et capacités solides. Ses téléphones restent parmi les propositions les plus attractives du marché, avec, en contrepartie, des traits capables d’agacer même les plus patients. La suite dépendra de la capacité de l’entreprise à prouver qu’un excellent rapport qualité‑prix n’oblige pas à rogner sur la simplicité d’usage, ni sur le sentiment d’un échange équitable.