Danny Weber
08:27 16-12-2025
© SPhotonix
Technologie SPhotonix: stockage sur verre en cristaux mémoire 5D, jusqu’à 360 To par disque, durabilité extrême et pilotes pour centres de données, bientôt.
La start-up britannique SPhotonix affirme que sa technologie de stockage de données, basée sur des « cristaux mémoire 5D », sort du cadre des démonstrations en laboratoire et se rapproche d’un usage concret. L’entreprise prévoit de lancer, au cours des deux prochaines années, des projets pilotes pour introduire des systèmes d’archivage à froid sur verre dans les centres de données. Un signal que cette approche quitte peu à peu la recherche pour approcher l’industrie.
Au cœur du système, un disque en verre de quartz d’environ cinq pouces (127 mm) de diamètre. Un laser femtoseconde inscrit l’information sous forme de nanostructures dans le matériau, en codant les données selon cinq paramètres à la fois : les trois coordonnées spatiales, ainsi que l’orientation et l’intensité de chaque structure. La lecture est optique, via de la lumière polarisée. Selon SPhotonix, un seul disque peut contenir jusqu’à 360 téraoctets, et le support pourrait préserver les données pendant 13,8 milliards d’années — soit à peu près l’âge de l’Univers. Si ces promesses se vérifient hors du labo, la notion de long terme en archivage changerait d’échelle.
Le support n’a pas besoin d’alimentation pour conserver l’information et reste isolé par conception (air‑gapped), ce qui l’oriente naturellement vers les archives et les sauvegardes où quelques secondes d’attente sont acceptables. Les prototypes actuels restent en retrait sur la vitesse : l’écriture atteint environ 4 Mo/s, la lecture jusqu’à 30 Mo/s. La feuille de route vise jusqu’à 500 Mo/s d’ici trois à quatre ans — un rythme modeste aujourd’hui, mais dans l’archivage profond, la durabilité et la densité pèsent souvent plus lourd.
Le matériel de première génération est estimé à environ 30 000 $ pour un graveur et quelque 6 000 $ pour un lecteur. Le premier lecteur mobile, utilisable hors laboratoire, est attendu dans environ un an et demi. SPhotonix a levé près de 4,5 millions de dollars et travaille à atteindre le prochain niveau de maturité technologique, avec des essais en conditions réelles — une étape charnière pour toute plateforme de stockage qui revendique une endurance à l’échelle des siècles.
L’intérêt pour des supports d’archivage alternatifs non magnétiques s’accroît. Microsoft expérimente le stockage sur verre avec Project Silica, tandis que d’autres sociétés avancent sur des médias céramiques destinés aux bibliothèques robotisées. Le choix stratégique de SPhotonix est différent : plutôt que de bâtir son propre service de stockage, la jeune pousse veut licencier la technologie et l’intégrer aux centres de données existants — un pari pragmatique qui pourrait faciliter l’adoption si les objectifs de performance sont tenus.