Innovations d'ingénierie dans les smartphones : pliables, caméras et écrans

Danny Weber

09:25 03-02-2026

© ASUS

Découvrez les innovations d'ingénierie dans les smartphones : pliables, caméras mécaniques, écrans sans encoche et connectivité satellite. Des avancées qui transforment l'industrie.

Le marché des smartphones est longtemps resté stable, avec des modèles proposant des écrans, des appareils photo et des processeurs similaires. Pourtant, certains appareils de production — ceux vendus officiellement dans divers pays et non simplement présentés en salon — intègrent parfois des solutions qui ressemblent à de petites expériences d’ingénierie. Ces innovations ne deviennent pas toujours immédiatement des standards, mais ce sont précisément ces découvertes qui font avancer l’industrie.

Mécanique de poche : comment les téléphones pliables sont devenus plus pratiques

L’exemple le plus évident de cette course à l’ingénierie ces dernières années reste les appareils pliables. Leur défi principal n’est pas la performance, mais la mécanique : la charnière doit résister à des années d’ouverture et de fermeture sans laisser d’espace, sans transformer le boîtier en aimant à poussière ni devenir trop épaisse. Samsung a ainsi décrit le passage à une charnière Flex avec un « double guide rail » pour le Galaxy Z Fold5 — une idée qui permet à l’appareil de se plier plus étroitement et rend le mécanisme plus résistant aux chocs externes. De tels changements paraissent rarement spectaculaires en vitrine, mais ce sont eux qui transforment un « prototype du futur » en un objet que l’on peut vraiment transporter au quotidien.

L’appareil photo comme module d’ingénierie : ouverture variable, stabilisation et bloc rotatif

En photographie mobile, les solutions originales naissent souvent non pas du nombre de capteurs, mais de leur conception. Pour le Huawei Mate 50 Pro, la clé était un diaphragme Ultra Aperture physiquement réglable — la marque a explicitement mentionné dix niveaux d’ouverture, permettant au capteur d’adapter son comportement à la scène : laisser entrer plus de lumière dans certaines situations, ou obtenir une profondeur de champ plus maîtrisée dans d’autres.

Vivo a adopté une approche complètement différente avec le X50 Pro, en misant sur un « micro-gimbal » — un système de stabilisation où le module compense les tremblements non seulement par logiciel, mais aussi par sa construction propre. Les médias spécialisés ont analysé cette solution comme une tentative de rapprocher le smartphone d’un stabilisateur vidéo, améliorant la fluidité lors des prises de vue en mouvement.

ASUS est allé encore plus loin avec le ZenFone 7, transformant littéralement l’appareil photo en un assemblage mécanique : le Flip Camera est un bloc motorisé qui pivote, permettant aux capteurs principaux de servir aussi pour les selfies. ASUS a décrit le module comme actionné par un moteur pas à pas et doté d’un capteur d’angle pour un positionnement plus précis. C’est un cas rare où l’ingénierie répond non seulement à la qualité photo, mais aussi au design, en laissant l’écran libre de toute encoche pour la caméra frontale.

L’écran et la caméra frontale « invisible » : quand la technologie se cache à vue

Parfois, l’ingénierie ne relève pas de la mécanique, mais d’un maximum délibérément « excessif ». Le Sony Xperia 1 s’est distingué en son temps car la marque a mis en avant un écran OLED CinemaWide 4K HDR au format 21:9. Pour certains, cela semblait superflu, mais en tant que vitrine technologique de Sony, cela avait du sens : la firme fabrique des écrans et du matériel cinéma depuis des décennies, et le smartphone est devenu un moyen d’afficher cet ADN dans un format de poche.

Une histoire encore plus révélatrice est celle de la caméra sous l’écran. ZTE a présenté l’Axon 20 5G comme le premier smartphone de production avec une caméra frontale sous l’écran, c’est-à-dire sans trou ni encoche pour les selfies. Oui, de telles solutions impliquent généralement des compromis sur la qualité de la caméra frontale, mais en tant qu’étape d’ingénierie, c’est significatif : l’industrie apprend à cacher les capteurs pour que l’écran paraisse sans couture.

Connectivité et « survie » : quand un smartphone cherche un satellite, pas une antenne

Toutes les innovations ne sont pas visibles. Apple, par exemple, s’est concentré sur le scénario « quand il n’y a aucune connexion » avec la fonctionnalité SOS d’urgence. La documentation d’assistance d’Apple décrit comment les modèles d’iPhone compatibles peuvent se connecter à un satellite pour envoyer des messages d’urgence et transmettre des informations critiques s’il n’y a pas de réseau cellulaire ou de Wi-Fi à proximité. Il ne s’agit pas de vitesse internet ou de jeu, mais de faire du smartphone un filet de sécurité — et ce genre de fonctions modifie souvent les habitudes des utilisateurs le plus profondément.

Refroidissement et réparabilité : le smartphone comme appareil maintenable

Les téléphones de jeu poussent aussi l’ingénierie à l’extrême. La gamme ASUS ROG Phone est connue pour l’attention portée au refroidissement, permettant un « flux d’air » actif via le module propriétaire AeroActive Cooler : ASUS indique explicitement que l’accessoire utilise un ventilateur et un refroidissement thermoélectrique pour réduire les températures sous charge. C’est une histoire de niche, mais elle aborde honnêtement une question que la plupart des smartphones préfèrent éviter : « Que devient la performance après une demi-heure de jeu intensif ? »

À l’opposé se trouve le Fairphone 5. Ici, l’ingénierie ne vise pas les records, mais la réparabilité : la marque explique l’architecture modulaire, qui évite la colle et utilise des pièces accessibles et remplaçables, afin que les utilisateurs puissent entretenir l’appareil plus facilement et à moindre coût. Dans un contexte d’électronique jetable, cela paraît presque révolutionnaire : le smartphone est conçu comme s’il devait dépasser la durée de vie standard.

Pourquoi ces idées comptent plus qu’il n’y paraît

Certaines de ces solutions finissent par se dissoudre dans le marché de masse, tandis que d’autres restent des « fonctionnalités pour passionnés ». Mais le principe général reste le même : les smartphones les plus intéressants ne sont pas ceux que l’on retient pour des chiffres sur une fiche technique, mais pour la façon dont les ingénieurs repensent les contraintes du boîtier, de l’optique, de la connectivité et de la maintenance. Et la prochaine fois que vous entendrez « tous les smartphones se ressemblent », souvenez-vous simplement de la caméra gimbal, de l’ouverture réglable, de la caméra frontale sous l’écran ou du boîtier modulaire — ils ne semblent identiques qu’à distance.