Danny Weber
00:48 10-02-2026
© A. Krivonosov
Des scientifiques canadiens ont développé AzoBiPy, une molécule organique pour batteries à flux, doublant la capacité énergétique et offrant une stabilité exceptionnelle pour le stockage des énergies renouvelables.
Des scientifiques canadiens annoncent la mise au point d'une molécule organique qui pourrait révolutionner le stockage des énergies renouvelables. L'équipe, issue de l'Université de Montréal et de l'Université Concordia, a créé un composé baptisé AzoBiPy, conçu pour être utilisé dans des batteries à flux organiques aqueuses. Cette technologie constitue une alternative plus sûre et non inflammable aux batteries lithium-ion.
La particularité d'AzoBiPy réside dans sa capacité à transférer deux électrons simultanément lors de réactions réversibles. Ce comportement est inhabituel pour les électrolytes organiques, qui ne gèrent généralement qu'un seul électron à la fois. Par conséquent, la nouvelle molécule permet de quasiment doubler la capacité énergétique, atteignant une capacité volumétrique de 47,1 Ah/L, tout en offrant une forte solubilité dans l'eau.
La stabilité est tout aussi remarquable. Au cours d'un test de plus de 70 jours, incluant 192 cycles de charge-décharge, AzoBiPy a conservé environ 99 % de sa capacité initiale, avec une perte de seulement 0,02 % par jour. Pour des systèmes de stockage organiques, il s'agit d'une performance quasi record, ouvrant la voie au stockage saisonnier de l'énergie. Cela pourrait par exemple permettre de stocker l'énergie solaire estivale pour un usage hivernal.
Les chercheurs ont démontré la viabilité pratique de cette technologie avec un prototype fonctionnel : une batterie à flux utilisant quelques cuillères d'électrolyte a alimenté une guirlande lumineuse pendant huit heures. Contrairement aux solutions commerciales à base de vanadium, AzoBiPy est fabriquée à partir d'éléments facilement disponibles : le carbone, l'azote et l'hydrogène. L'équipe explore désormais des versions biosourcées à partir de déchets de bois et alimentaires. Des demandes de brevet ont été déposées, avec pour objectif un déploiement de la technologie d'ici la prochaine décennie.