NeuroXess accélère ses essais cliniques d'interface cerveau-ordinateur

Danny Weber

22:18 19-02-2026

© NeuroXess

NeuroXess accélère ses essais cliniques sur les interfaces cerveau-ordinateur (BCI) pour concurrencer Neuralink. Soutien gouvernemental et avancées technologiques prometteuses en Chine.

La société chinoise NeuroXess accélère ses essais cliniques sur les interfaces cerveau-ordinateur (BCI), cherchant à combler son retard face au rival américain Neuralink et à prendre potentiellement la tête. Selon le Financial Times, un soutien gouvernemental et un fort intérêt des investisseurs ont permis à cette start-up de Shanghai, fondée en 2021, de passer rapidement du développement en laboratoire à des premières chirurgies humaines réussies.

Le développement des BCI en Chine s'inscrit dans un vaste programme gouvernemental lancé il y a moins d'un an. Cette initiative se caractérise par des approbations de projets accélérées, une réglementation simplifiée et un financement centralisé. Déjà, une dizaine de programmes d'essais cliniques invasifs sont actifs dans le pays. D'ici 2030, les autorités visent à établir plusieurs leaders mondiaux dans la technologie des neurointerfaces, NeuroXess étant considéré comme un candidat potentiel.

L'entreprise a rapporté des résultats d'essai où un patient paralysé a pu contrôler un curseur d'ordinateur avec un dispositif implanté seulement cinq jours après la chirurgie. La technologie de NeuroXess est invasive, mais diffère de l'approche de Neuralink. L'implant chinois consiste en un maillage polymère-métal placé à la surface du cerveau sans pénétrer les tissus. En revanche, Neuralink utilise des électrodes ultrafines insérées directement dans le tissu cérébral, une méthode qui a suscité des débats sur les risques de cicatrisation et de dégradation du signal avec le temps.

Les essais actuels de Neuralink atteignent des vitesses de transmission d'environ 10 bits par seconde, tandis que NeuroXess démontre environ 5,2 bits par seconde. Malgré cet écart de performance, les experts soulignent que les deux parties intensifient leurs efforts de recherche, et que les connaissances accumulées pourraient accélérer le développement de solutions non invasives, réduisant potentiellement le besoin d'interventions chirurgicales à l'avenir.

Les analystes suggèrent que la Chine pourrait développer un cycle de progrès rapide auto-renforçant : l'expansion des essais conduit à un volume de données accru, des coûts plus bas et une plus grande participation des patients, ce qui accélère à son tour l'affinement technologique. Dans le contexte de la concurrence mondiale sur les BCI, les prochaines années pourraient s'avérer décisives pour façonner le leadership entre les États-Unis et la Chine.