Danny Weber
L'Union européenne élabore des règles pour les appels d'offres cloud gouvernementaux qui pourraient exclure Microsoft, Amazon et Google afin de renforcer la souveraineté numérique.
L'Union européenne élabore de nouvelles règles pour les projets cloud gouvernementaux, qui pourraient limiter considérablement la participation des grandes entreprises technologiques américaines. Selon Reuters, les appels d'offres pour des systèmes cloud particulièrement sensibles pourraient exclure Microsoft, Amazon et Google si les projets impliquent des données gouvernementales critiques.
Cette initiative devrait faire partie d'une future loi sur le cloud computing et l'intelligence artificielle, que la Commission européenne présentera dans les prochains jours. Son objectif principal est de réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis des infrastructures américaines et de renforcer les fournisseurs cloud et IA locaux. Pour l'UE, il ne s'agit pas seulement d'une question économique, mais aussi d'un élément clé d'une stratégie plus large de souveraineté numérique.
Bruxelles pousse de plus en plus de telles politiques dans des secteurs sensibles comme la banque, l'énergie, la santé et les services publics. Cette démarche découle des préoccupations concernant la domination des entreprises américaines sur le marché du cloud et les implications de la loi américaine CLOUD Act, qui permet aux autorités américaines de demander des données aux entreprises technologiques américaines, même lorsque ces données sont stockées à l'étranger.
Selon le projet, les marchés publics pourraient inclure des critères non tarifaires obligatoires. La sélection tiendrait compte du lieu de développement du logiciel et du matériel, de la qualité de la protection des données, de la possibilité pour un pays tiers d'y accéder, et du degré d'ouverture du marché du pays hôte. Bien qu'il ne s'agisse pas formellement d'une interdiction, ces règles désavantageraient en pratique les acteurs américains.
La Commission européenne n'a pas souhaité commenter les détails, mais a souligné que la souveraineté technologique est vitale pour la compétitivité et la sécurité de l'Europe. Amazon et Microsoft ont également refusé de commenter. Si elles sont adoptées telles que proposées, ces règles pourraient remodeler le marché européen du cloud, transformant les batailles pour les contrats publics en un mélange de prix et de politique.
© A. Krivonosov