Danny Weber
Le patron d’OpenAI défend un accès large à l’IA et met en garde contre un contrôle technologique concentré entre quelques entreprises.
Sam Altman, directeur général d’OpenAI, estime que l’une des principales menaces pour le développement de l’intelligence artificielle tient à la concentration de cette technologie entre les mains d’un petit nombre d’entreprises. Dans le podcast Relentless, il a décrit deux trajectoires possibles : une société libre où chacun bénéficie d’un large accès à l’IA, et un système autoritaire qui exploite les mêmes capacités pour renforcer son contrôle.
Selon Altman, les tentatives de limiter les libertés au nom de la sécurité entraînent souvent des conséquences négatives à long terme. Il estime que les citoyens doivent disposer d’outils fondés sur l’IA et pouvoir décider eux-mêmes de la manière de les utiliser et d’exprimer leurs opinions.
Cette déclaration intervient alors que le secteur débat de l’ouverture des modèles les plus avancés. Plusieurs grands groupes technologiques américains ont soutenu un appel contre des restrictions prématurées visant la diffusion de modèles à poids ouverts. Selon eux, l’accès à ces systèmes favorise la concurrence et réduit la dépendance envers quelques fournisseurs. Anthropic adopte une position plus prudente et insiste sur les risques d’utilisation abusive de modèles très puissants.
Le lancement de Kimi K3 par l’entreprise chinoise Moonshot AI a relancé le débat. Le développeur présente ce modèle comme son nouveau fleuron : il dispose d’une fenêtre contextuelle d’environ un million de tokens et ses poids ont été publiés. La popularité croissante de ce type de système accentue les divergences aux États-Unis entre les partisans d’un accès ouvert et ceux qui souhaitent limiter la diffusion des technologies d’IA chinoises.
La position d’Altman est d’autant plus notable qu’OpenAI ne publie pas les poids de ses modèles les plus puissants. Il affirme néanmoins que son objectif à long terme reste une large diffusion de l’intelligence artificielle — à condition qu’elle n’entraîne pas une concentration excessive du pouvoir économique et politique.
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