Anthropic et la recherche pharmaceutique : Claude Science pousse l’IA vers la biotech

Anthropic lance Claude Science pour la découverte de médicaments par IA
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Anthropic a annoncé le lancement de Claude Science, une plateforme destinée aux chercheurs, tout en affirmant vouloir participer directement au développement de médicaments. L’entreprise compte se concentrer sur les maladies rares et « négligées », souvent laissées de côté par les grands laboratoires faute de perspectives commerciales suffisantes. Pour l’instant, il s’agit surtout des premières étapes de découverte de molécules et de recherche préclinique.

Claude Science est présenté comme un espace de travail unifié pour les scientifiques. La plateforme doit rassembler des outils dispersés, des jeux de données, des fonctions d’analyse, de visualisation et d’assistance scientifique. Lors de sa présentation, Anthropic a cité un exemple de l’UCSF : grâce à Claude Science, un chercheur aurait repéré en quelques minutes une contamination virale dans une expérience, alors que l’équipe ne l’avait pas vue depuis environ un an.

L’entreprise affirme aussi que le système peut analyser 100 maladies génétiques rares en moins d’une heure et isoler 32 pistes prometteuses pour un criblage informatique plus poussé. Contrairement à de nombreuses sociétés d’IA qui se limitent à fournir des outils au secteur pharmaceutique, Anthropic dit vouloir participer elle-même au développement de médicaments. Elle n’a toutefois pas encore révélé les premières maladies candidates ni expliqué si elle mènera les projets seule ou avec des partenaires pour les études animales, les essais cliniques et la production.

L’intérêt pour l’IA dans la pharmacie progresse rapidement : OpenAI, Google, Amazon et d’autres grands acteurs proposent déjà des outils pour la biotechnologie et la médecine, tandis que Google DeepMind, via Isomorphic Labs, et des entreprises comme Insilico Medicine avancent sur leurs propres programmes. Les grands groupes pharmaceutiques traditionnels, dont AstraZeneca, Novo Nordisk et GSK, utilisent eux aussi activement l’IA pour trouver des molécules, analyser des données, concevoir des composés et optimiser les processus de R&D.

Les experts rappellent cependant que l’IA reste un accélérateur, pas un substitut au développement pharmaceutique complet. Des spécialistes de Cambridge, de l’UCL et d’Oxford soulignent que les candidats doivent toujours passer par la toxicologie, les contrôles de sécurité, l’évaluation de l’efficacité, les essais sur animaux et les études cliniques chez l’humain. Le patron de Novartis, Vas Narasimhan, estime que les nouveaux outils d’IA pourraient réduire le cycle moyen de développement d’un médicament d’environ 12 ans à 7–8 ans et peut-être faire passer le taux de réussite des projets de 8% à 16%, mais les validations biologiques et réglementaires resteront incontournables.

Anthropic renforce déjà son équipe en sciences de la vie, met en place son propre wet lab et recrute des spécialistes issus de la biologie, de la pharmacie et des instituts de recherche. Même si Claude Science accélère réellement l’identification de pistes prometteuses, les résultats cliniques restent encore lointains : développer un médicament demeure coûteux, long et strictement encadré.